samedi 3 juin 2017

Une faute de frappe du réel






"La plupart du temps, j'ai cette impression persistante que le réel me résiste : les objets, ma volonté, les êtres humains, tous se liguent contre moi pour m'empêcher. Dans ces cas-là, seul l'anecdotique, le faux pas, l'insensé minuscule me sauvent. Il suffit d'une faute de frappe du réel pour me sentir comme vengé : mon regard peut à nouveau se poser avec amour sur ce monde, non parce qu'il deviendrait tout à coup aimable, mais parce qu'il confirme qu'il est absurde."  
Victor Pouchet, Pourquoi les oiseaux meurent, p. 155. 


Achevé ce matin, après l'avoir dégusté toute la semaine, ce premier roman dont j'avais lu deux ans plus tôt le manuscrit — il a bien changé. Je vous envie : c'est une merveille, de bout en bout. Un livre gracieux, funambule, à la lisière du fantastique, de la quête initiatique, pétri d'une angoisse douce comme la folie peut l'être, élégamment drôle et drôlement élégant. Sa "fin du monde de proximité" sonnera début septembre aux bons soins des éditions Finitude — un comble, pour les débuts d'un écrivain.


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