Mes livres


Louange et Épuisement d'Un jour sans fin, paru le 18 mars 2015




“J’ai vu Un jour sans fin au bas mot une vingtaine de fois mais je ne me souviens pas de la toute première, c’est comme si je l’avais toujours connu. Sans même parler du spoil contenu dans le titre français, son affiche (Murray captif d’un réveil à cloches et affectant un peu crédible air étonné) ou les bruissements du bouche-à-oreille auront inévitablement éventé le secret de son intrigue, de sorte qu’un spectateur qui partagerait l’ahurissement et la perplexité de Phil, à la dix-huitième minute du film, est une chimère, une chimère à laquelle pourtant le script est obligé de croire, et le plaisir que nous prenons à voir Phil Connors ne pas comprendre ce qui lui arrive n’est aussi intense que parce que nous en savons tellement plus que lui, et depuis si longtemps.”


Un drôle de petit livre, à mi-chemin entre l’hommage obsessionnel (l’érudition, le torrent de détails, le mélange de sérieux cinéphilique et de souvenirs d’adolescence), le challenge perecquien (tout dire sur un film, en l’espèce un film que tout le monde, ou presque, connaît par cœur), et, même, la tentative d’essai philosophique miniature.
Bernard Quiriny, Chro, 16/2/2015


C'est sa "vertigineuse maîtrise du réel" que le narrateur du texte envie au Phil du film et l'écrivain la concurrence donc à sa façon, ne cessant d'ajouter des informations à la fiction. C'est comme s'il voulait raconter le film jusqu'à ce qu'il n'en reste rien, que ce ne soit plus la peine d'aller le voir puisqu'il serait tout entier inclus dans ce récit, comme si tout était happé par le texte, les images, le scénario, les acteurs, les anecdotes et l'amour fanatique de l'écrivain. 
Mathieu Lindon, Libération, 12/3/2015


Louange de la louange par Philippe Annocque, Hublots du 18/3/2015


Didier da Silva ne nous raconte pas le film, ne nous l'explique pas. Beaucoup mieux, il le met en perspective dans son très personnel Louange... Séquence isolée, détail, couleur, sensation, c'est son expérience de spectateur que l'écrivain nous fait partager avec une économie de mots et des éclats d'intelligence. 
Héléna Villovitch, Elle du 27/3/2015





L'ironie du sort, paru le 20 février 2014





Les coïncidences sont stupéfiantes, c’est leur pente naturelle. L’ironie du sort entend dévaler cette pente et s’enivrer de la vitesse acquise. On y rencontrera, simples silhouettes ou héros récurrents, environ deux cents personnages : artistes, assassins, acteurs, explorateurs — bref des vies déraisonnables, admirables ou cauchemardesques, comme autant de destins possibles. L’ironie du sort veut croire que tout se tient et n’a eu pour le démontrer que l’embarras du choix. C’est un genre de conte fantastique où tout est pourtant véridique, une rêverie sur les signes dont les correspondances et les symétries innombrables peuvent engendrer le rire, l’incrédulité, la foi, une fascination proche de la folie, voire une légère paranoïa (on s’en amusera) ; ou encore cet émoi incommensurable dont parlait Stevenson, cette impression de je ne sais quoi de pathétique au cœur des choses, faite de deux éléments accouplés : une attraction et une horreur sans borne.
D. d. S.


Cent cinquante pages cousues d’un fil qui bien que d’or est aussi d’Ariane, cent cinquante pages que le lecteur que vous êtes va, en minotaure captif et consentant, suivre patiemment et fiévreusement […] lancez-vous sans hésiter dans ce livre pneumatiquement retors qui ne cesse de renaître de ses courts-circuits […] ce long continuum truqué mais génialement articulé, grisé par la vitesse, les voltes, les virements.
Christophe Claro, Le Clavier Cannibale

Je crois qu’il est impossible de lire ce livre magnifique autrement que d’une traite, sans s’arrêter, d’un souffle, car ce livre est une flèche, celle du temps fonçant droit sur sa cible […] Car au final, tout s’écrit, tout s’éclaire, et la flèche du temps finit par atteindre son but, son objectif... en plein cœur. Le cœur du lecteur.
Pierre Ménard, Liminaire

Ce marabout/bout d’ficelle tissant la concaténation d’événements disparates forme une virtuose sotie pétrie d’absurde. Jubilatoire.
Sean James Rose, Livres-Hebdo

L’ironie du sort est un livre qui va à toute vitesse […] un roman bref et épique dont le souffle ne se dément pas quoiqu’il soit constitué d’une érudition [qui] n’y est jamais cuistrerie, bien au contraire, elle est une pure narration, la plus passionnante des intrigues […]
Mathieu Lindon, Libération

Toboggan spatio-temporel [...] potentiellement infini [...] où tout se résout dans un instant de grâce. 
Philippe AnnocqueHublots

Venez et goûtez ces phrases lancées à la poursuite de quelque chose de rare : le sentiment du merveilleux.
Sébastien LapaqueLe Figaro

Bluffant.
 Daniel Martin, La Montagne

De la haute-voltige sans filet, avec un brin d'humour cynique qui n'est pas détestable [...] Fascinant.
Anne DuprezAqui.fr 

Un bel exercice de style, hanté par l'obsession des coïncidences et le sentiment de la fuite du temps.
Bernard Quiriny, Trois Couleurs


L'ironie du sort est un livre qui, s’il est conçu comme une seule et même vaste dérive, va vite. Le livre et l'auteur savent les catastrophes imminentes, l'écroulement ou l'incendie des villes, la déliquescence des corps. Il s'agit alors de parler avant la fin, ou d'atteindre la fin au plus vite pour pouvoir recommencer. Au moins 840 fois.
Marie Richeux, France-Culture


C’est intelligent, sensible, référencé (mais jamais pédant), ça fonctionne superbement parce que l’auteur, en bon styliste, est économe, soucieux du rythme et que les histoires qu’il nous raconte vont du touchant […] au sulfureux […], bref, parce qu’il provoque chez nous autant d’intérêt que d’émotion […] Quelle réussite ! 
Pierre Lemaitre, Le Monde des livres


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Une petite forme, paru le 20 janvier 2011


Le texte de Didier da Silva met en scène un personnage dont le métier, il est « travailleur à domicile », consiste à corriger de stupides romans d'amour, et que cela déprime – on le comprend. Il se livre donc à une suite de considérations désabusées sur la vie et sa vie, pleines d'humour et d'auto-dérision, de lucidité. C'est drôle et touchant, juste, discrètement désespéré. Les dessins de François Matton qui constellent ce récit, qui parfois l'interrompent, lui font un écho très réussi, joliment dévié parfois.

(Présentation de l'éditeur)











  L'Automne Zéro Neuf, paru le 26 janvier 2011




L’automne est une saison mélancolique, c’est connu. Celui de l’année 2009 n’a pas dérogé à la règle, bien que les spécialistes s’accordent à dire qu’il fut exceptionnellement doux. Ma vie pendant ce temps, en revanche, n’a pas eu grand-chose d’exceptionnel ; mais qui peut se vanter du contraire ? Il n’en reste pas moins que cette saison particulière a été pour moi comme pour vous, sans doute  unique en son genre : une combinaison inimitable de joies et de déroutes, d’exaltations et de passages à vide, de grands plaisirs et de petits tracas (ou l’inverse). Magie du point de vue, ces riens mis bout à bout formeraient presque une légende, du moment que l’on a décidé d’en faire un livre ; grosso modo, tout y est vrai.

D. d. S






Treize mille jours moins un, paru le 5 novembre 2008



En déployant le potentiel dramatique en germe dans chaque microévénement, Didier da Silva choisit clairement de tourner le dos aux poncifs romanesques, leur préférant la justesse du mot, la finesse du dire, la mélodie tout en bémols de la musique intérieure. Usant des mots comme des notes, Treize mille jours moins un n'est ni plus ni moins l'oeuvre d'un musicien, ariette jouée d'un ton léger “sur le tempo d'un coeur qui bat”.
Marine Polselli, evene.fr









Hoffmann à Tôkyô, paru fin août 2007




Dans ce premier roman, Didier da Silva affine et affirme une langue rare, précieuse à tous les sens du terme. Syntaxe travaillée, fluidité des virgules, choc des inversions, ruptures de rythme. Du grand art, derrière cette fausse naïveté (...) Style japonisant, sans doute, poussé au bord du pastiche (...) Le risque est bien sûr une forme de détachement exacerbé. Rien de cela ici. L’émotion sourd à chaque phrase, à chaque page.
Jean-Pierre Naugrette, Revue des Deux Mondes, février 2008





5 commentaires:

  1. Michèle F.03/10/2014 09:43

    Je vais me procurer tous ceux que je n'ai pas lus car L'Ironie du sort m'a convaincue. J'aurais dû le faire depuis longtemps mais ça ne tardera plus.....

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  2. Merci ! Mais je vous préviens, L'ironie du sort a marqué une rupture plutôt franche avec mes précédents livres... vous me direz.

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  3. Michèle F.04/10/2014 08:09

    Oui, mais "l'esprit" y est forcément.... Mon unique problème est d'obtenir les livres dans mon trou de province. Les Lettres de Beckett que j'ai commandées il y a presque un mois ne sont toujours pas arrivées dans l'unique librairie accessible à moins de 50 km....

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  4. Michèle F.04/11/2014 08:17

    J'ai bien aimé ce petit livre, les déambulations intérieures et extérieures de Sam, ses sensations fines et contradictoires, l'une effaçant la précédente qui en fait naître une nouvelle, un peu comme dans un récital de piano justement. J'en ai aimé aussi l'écriture rapide, légère, précise, l'ironie et l'humour jamais loin ou franchement là (qui est aussi celle de l'Ironie du sort et qui m'avait tant plu). Je ne suis pas une bonne critique mais enfin, le résultat est là, je continue sur ma lancée pour me procurer les autres.

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    1. Eh bien, chère Michèle ! Je crois qu'on peut dire que vous m'aimez bien. C'est un défaut je pardonne très facilement !

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